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Léon Konan Koffi : «Nous allons consolider les axes historiques sur lesquels AfrAsia se démarque»

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Assujetti à la validation des autorités régulatrices mauriciennes, l’accord portant sur l’acquisition d’une participation majoritaire à hauteur de près de 75 % dans le capital social d’Afrasia Bank par la holding financière AFG Holding du Groupe Atlantic a nécessité plusieurs mois de négociations ardues. À travers cette reprise, Léon Konan Koffi, Vice-président d’Atlantic Group, voit un fort potentiel pour le développement d’un important groupe bancaire panafricain offrant une large gamme de services financiers qui pourraient être étendus à des services financiers à forte valeur ajoutée pour les banques en Afrique.

Le portefeuille d’Atlantic Financial Group (AFG) – holding financière d’Atlantic Group – va s’enrichir d’une nouvelle institution bancaire suite à l’accord conclu avec le Groupe IBL et la Banque Nationale du Canada portant sur l’acquisition d’une participation majoritaire de 74,48 % du capital social d’AfrAsia Bank. Comment et pourquoi vous êtes-vous intéressé à AfrAsia ?

Le portefeuille d’Atlantic Financial Group (AFG) – holding financière d’Atlantic Group – va s’enrichir d’une nouvelle institution bancaire suite à l’accord conclu avec le Groupe IBL et la Banque Nationale du Canada portant sur l’acquisition d’une participation majoritaire de 74,48 % du capital social d’AfrAsia Bank. Comment et pourquoi vous êtes-vous intéressé à AfrAsia ?

Et chemin faisant, dans la mise en œuvre de cette stratégie, l’opportunité d’AfrAsia nous a été présentée. Notre relation avec AfrAsia ne date pas d’aujourd’hui. Nous avons eu une première session de discussion, mais c’était pour une prise de participation minoritaire. Pour un groupe bancaire, c’est difficile de rentrer en minorité. Lorsque l’opportunité s’est présentée pour une prise de participation majoritaire, nous sommes revenus sur la table des négociations. Nous sommes en discussion depuis plus d’une année et pour AFG Holding, c’était stratégique avant d’être opportuniste.

Donc, AFG Holding compte également racheter les parts de la Banque Nationale du Canada dans AfrAsia ?

À ce jour, nous reprenons les parts d’IBL, qui sont autour de 31 %. La Banque Nationale du Canada, un autre actionnaire qui est BMH, et de petits actionnaires qui ont souhaité dans le cadre d’un tag-along qu’ils ont avec IBL sortir de l’actionnariat.

Comment s’est fait le deal et me confirmez-vous qu’il s’élève à plus de Rs 3,5 milliards ?

Les négociations se sont faites dans un cadre succinct privé. Et étant donné que cela implique des acteurs qui sont cotés, je peux juste vous dire qu’il y a eu une session de plus de trois mois de due diligence et trois mois de négociations. Pour une transaction de cette envergure, diverses compétences ont dû être mobilisées afin d’aboutir à une formule gagnante pour toutes les parties concernées.

Si BDO Maurice s’est chargée d’effectuer la diligence requise en tant que cabinet d’audit financier, le Groupe FINACTU a joué le rôle de conseiller financier du Groupe Atlantic tandis que New Africa Advisors Ltd a été derrière le montage du business plan et de la stratégie post-acquisition tout en fournissant de précieux conseils en matière de Business Intelligence. Du côté des vendeurs, c’est Rothschild & Co qui a agi en tant que leur Conseil financier. Quant à l’aspect juridique, les cabinets Wilkie Farr & Gallagher (France), Dentons (Maurice) et Benoit Chambers se sont assurés que cette transaction complexe franchisse la ligne d’arrivée.

Pouvez-vous nous donner des détails sur la structure de paiement dans le cadre de ce deal?

C’est une structure de paiement qui se fera à travers 40 % par apport ; donc de fonds propres d’AFG Holding et à travers 60 % de dette, essentiellement à travers Afreximbank qui est une institution multilatérale panafricaine accompagnant des groupes fortement impliqués dans le commerce intra-africain. Cela nous ramène de nouveau sur l’opportunité stratégique qui a été reconnue.

Quand est-ce que la reprise d’AfrAsia par le Groupe AFG sera complétée ? Quand sera constitué le nouveau conseil d’administration ?

Pour l’instant, nous avons conclu un accord commercial entre acheteur et vendeur. Maintenant, il est soumis à l’accord de la Banque de Maurice et de la Financial Services Commission (FSC). Concernant le conseil d’administration, l’idée c’est que de facto, il y a la démission de tous les actionnaires qui représentaient les anciens actionnaires de référence. Ils seront remplacés par ceux d’AFG Holding. Les administrateurs indépendants, quant à eux, resteront et continueront leur mandat.

On sait que sur des questions stratégiques, il y a eu des différends entre les deux principaux actionnaires d’AfrAsia. Comment en tant qu’actionnaire majoritaire comptez-vous ramener la sérénité au sein du «boardroom» et amener les directeurs à travailler dans une seule direction?

Je n’ai pas été un contemporain de l’histoire, mais quand AFG Holding s’est intéressé à AfrAsia, il s’est imprégné de l’historique de l’institution. Il y a certes d’un côté des sujets concernant des visions stratégiques et d’un autre côté, il y a également eu des problèmes de personnes. Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’à la fin on doit toujours positiver. Au final, il y avait une communauté de vues. Malgré cette communauté de vues sur l’orientation de l’entité, les intérêts stratégiques amenaient les différents actionnaires à devoir prendre la décision de partir. Toutefois, le départ de ces actionnaires de référence ne se fait pas dans un environnement conflictuel. Il y a eu effectivement quelques différents, mais au moment où AFG Holding reprend, il y a entre les actionnaires une meilleure entente et chacun a un avenir différent. Pour ce qui est du groupe IBL, il s’agit de mettre en œuvre son plan stratégique IBL Beyond Borders. Donc, cette sortie va lui permettre de consolider ce plan. Pour la Banque Nationale du Canada, c’est un repli stratégique ; il se retire de tous les pays à l’international pour se concentrer sur le marché canadien.

Donc, aujourd’hui, je pense que nous avons hérité d’un conseil d’administration au sein d’AfrAsia qui fonctionne très bien. Nous ne sommes pas des acteurs qui arrivent au moment où le conseil est perturbé ; loin de là. Il y a réellement la sérénité et maintenant la question, c’est d’impulser la nouvelle vision stratégique que nous voulons apporter.

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