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Sheila Ujoodha et Aruna Radhakeesoon : «Les femmes arrivent difficilement à se hisser à des positions exécutives»

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Le Mauritius Institute of Directors s’est récemment associé au ministère des Services financiers et de la Bonne gouvernance, au National Committee of Corporate Governance et à l’Office du Public Sector Governance pour organiser la toute première conférence sur la gouvernance d’entreprise dans le secteur public et le privé. Quel bilan faites-vous de cette initiative ?

Sheila Ujoodha : Le Mauritius Institute of Directors (MIoD) étant un catalyseur du changement dans la mise en œuvre des meilleures pratiques de gouvernance d’entreprise, il était important pour l’institut de mettre une structure en place, invitant ainsi des décideurs et chefs d’entreprise venant des secteurs privé et public à partager leurs expériences. L’objectif : faire évoluer les discussions et stimuler les réflexions autour de la bonne gouvernance institutionnelle lors de cette première édition.

Au-delà de la synergie entre les représentants des deux secteurs, nous avons été portés par l’engouement de nos conférenciers lors des trois tables rondes axées sur les thèmes suivants : Building the future Board, ESG expectations of Financial institutions and investors et Risk Governance: Does a compliance culture matter? On a ainsi donné la parole aux orateurs pour répondre aux questions d’influence institutionnelle et économique.

Aruna Radhakeesoon : Nous avons noté une participation importante d’experts mondiaux et de capitaines d’industrie. Cela est un indicateur de l’intérêt grandissant de tous les acteurs principaux envers les principes de la bonne gouvernance. En outre, il y a une volonté réelle à Maurice de vouloir s’aligner sur les pratiques de bonne gouvernance.

En effet, se dessinaient les contours d’une volonté réelle d’un véritable partenariat secteur public et privé. Ces deux pôles expriment maintenant un désir mutuel et réciproque d’œuvrer ensemble pour améliorer nos performances en matière de bonne et saine gouvernance.

Puis, les tables rondes ont donné lieu à des discussions franches sur ce qui marche et pourrait être amélioré.

Cela dit, l’organisation de cette conférence en un temps record n’a pas été chose facile. L’équipe du Mauritius Institute of Directors a travaillé étroitement avec le ministère de la Bonne Gouvernance, le NCCG et l’OPSG. Cette collaboration a d’ailleurs été une première de Maurice.

Cependant, nos attentes ont été certainement dépassées. La conférence était une réussite et d’un très haut niveau. Dorénavant, la conférence se tiendra annuellement, échelonnée sur deux jours. Elle ambitionne de devenir un événement phare de gouvernance d’entreprise dans la région Afrique. Nous souhaitons y réunir des experts internationaux en matière de gouvernance d’entreprise et aussi inviter nos collègues africains à y assister.

Ce faisant, Maurice se maintiendra dans la région africaine comme un centre financier d’excellence en matière de gouvernance d’entreprise. Ce qui se reflétera sans aucun doute positivement sur l’image du pays.

Auparavant, quand on parlait de bonne gouvernance, c’était surtout un vœu pieux. Aujourd’hui, l’on se rend compte qu’il est primordial que les entreprises adoptent les meilleures pratiques. Comment voyez-vous le lien entre la bonne gouvernance et la productivité ?

Sheila Ujoodha : La bonne gouvernance institutionnelle est une condition sine qua non. Elle permet une parfaite répartition des pouvoirs ainsi qu’une application optimale de la stratégie plénière, afin d’assurer la performance de l’entreprise pour apporter de la valeur ajoutée aux actionnaires et différents acteurs. Le tout, dans le strict respect des réglementations en vigueur. Cette crise est aussi l’occasion de repenser aux structures existantes, qui devront être résilientes et avant-gardistes pour toujours mieux servir la clientèle.

Aruna Radhakeesoon : La bonne gouvernance est, pour moi, incontournable pour les entreprises d’aujourd’hui, car elle marche de pair avec une meilleure productivité, une transparence accrue, un meilleur environnement de travail et un engagement civil et responsable de l’entreprise. Aujourd’hui, de plus en plus, les grandes entreprises se tournent vers le financement public. Cela améliore la productivité. Les institutions financières de développement (DFI) font partie intégrante de notre paysage économique. Mais encore, les fonds privés d’investissement ont intégré le contour de l’investissement privé. Et, bien sûr, ces financiers requièrent de leurs partenaires une rigueur dans leur système de bonne gouvernance. Ils ne prêteront qu’aux entreprises qui adhèrent aux principes établis de la bonne gouvernance. Au cas contraire, ce sont leurs investissements qui seront à risque.

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