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Firmes Comptables : Accompagner les entreprises pour une stratégie de gestion financière efficace

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La gestion du cash-flow est un aspect essentiel de la santé financière d’une entreprise. un cash-flow sain permet de maintenir la stabilité des opérations quotidiennes, de financer les investissements et de faire face aux difficultés qui se présentent dans le contexte actuel. Pour optimiser cette gestion financière cruciale, les entreprises sollicitent l’expertise et l’accompagnement des cabinets comptables.

Le cash-flow, ou flux de trésorerie, représente les entrées et sorties d’argent d’une entreprise. Une gestion efficace du cash-flow implique de surveiller attentivement les encaissements et les décaissements, de prévoir les besoins de liquidité à court terme et d’anticiper les fluctuations de trésorerie. Une planification financière rigoureuse est ainsi de mise pour renforcer la stabilité financière des entreprises et favoriser leur pérennité à long terme. Les entreprises ont eu fort à faire pour assurer la continuité de leurs opérations, ayant eu notamment à revoir leurs priorités en raison de la crise sanitaire. Désormais, avec la relance des activités économiques post-Covid-19, les entreprises tentent de redonner force à leurs structures financières pour se montrer résilientes sur le long terme et pouvoir répondre aux besoins de la clientèle sur le marché.

Dans cette optique de gestion efficace du flux de trésorerie d’une entreprise, l’expertise des cabinets comptables est précieuse en raison de leur savoir-faire dans leur étude des bonnes pratiques à adopter et l’élaboration d’un plan stratégique pour optimiser la gestion financière de la compagnie. Le métier d’expert-comptable a beaucoup évolué au fil des ans afin de proposer des services en conformité avec les nouvelles exigences internationales. Les cabinets comptables ne sont désormais pas uniquement sollicitées pour tenir le livre de comptes mais aussi pour agir en tant que conseillers financiers, accompagnant les entreprises dans la gestion de leur trésorerie. Les experts comptables sont tous à sortir cette expression « Cash is king » et pour cela, il faut que les entreprises soient bien guidées pour prendre des décisions éclairées pour une gestion financière optimale.

Yudhishi Ragoonanan, fondatrice d’A.Y Accountancy Services, fait état des quatre étapes clés mises en avant par la firme dans l’accompagnement des clients pour l’amélioration de leur flux de trésorerie. «La première étape est le diagnostic financier de l’entreprise, qui nous permet de détecter les éventuels dysfonctionnements ou difficultés liés au cash-flow. La deuxième étape est l’élaboration de solutions sur mesure pour améliorer le flux de trésorerie, en tenant compte des spécificités de chaque entreprise. La troisième étape est la fourniture des projections de trésorerie régulières pour permettre aux entreprises d’anticiper les besoins en liquidité et de prendre les bonnes décisions. La quatrième étape est le suivi constant et le soutien dans la mise en oeuvre des solutions, en apportant des conseils et des recommandations adaptés à chaque situation.»

Shakil Moollan, fondateur et Group Managing Partner de Moollan & Moollan, évoque, quant à lui, la diversification des services d’une firme comptable pour mieux répondre aux besoins des entreprises et les aider dans leur gestion financière. «De ce fait, en plus du côté purement comptable, on offre un soutien en termes de Tax Advisory, Restructuring, Business Advisory aussi bien qu’au niveau de la gestion de trésorerie. Il y a un accompagnement pour mieux cerner les exigences de nos clients autour de leurs besoins de financement et gestion des créanciers et des débiteurs. Cela consiste souvent dans la préparation des projections et des discussions avec les banques pour s’assurer que le client a une structure de financement propre à ses besoins de trésorerie. Notre expertise comme interlocuteur auprès des institutions financières (banques, leasing companies, lending platforms) nous permet de mieux offrir ce service.»

Pour Rajeev Basgeet, Partner de Pricewaterhouse- Coopers (PwC) Mauritius, le fait d’agir comme conseiller financier confère la nécessité de redonner confiance aux parties prenantes et d’inculquer une culture de discipline. «L’approche est d’avoir une discussion franche et honnête avec la direction pour comprendre la stratégie et, plus particulièrement, les défis de l’entreprise. L’expérience du consultant dans des secteurs économiques différents est essentielle à la préparation du cash-flow. À PwC, nous avons l’opportunité de travailler avec diverses entreprises. Les documents de “thought leadership” que nous préparons nous aident dans nos discussions avec les entreprises pour revoir leur hypothèse.

Suite aux discussions, un cash-flow de 13 semaines est préparé pour suivre la performance de l’entreprise. L’évolution du “cash-flow” comparativement à celle qui a été budgétée nous aide à mieux adresser les problèmes éventuels. À travers nos interventions, nous essayons de mettre l’emphase sur une culture que l’entreprise doit adopter, notamment, la discipline et la noncomplaisance.»

Faire face à la hausse des coûts

Les entreprises, en plus de devoir gérer efficacement leur cash-flow, ont dû faire face à de nombreux facteurs qui ont plombé leurs activités au sortir de la crise sanitaire. Certaines compagnies ont dû revoir leur business plan et faire des prévisions pour tout de même rester compétitives. «L’après Covid-19 a laissé germer la poussée des coûts. La direction se retrouve à gérer les coûts entrant dans un environnement inflationniste. Étant donné que ces facteurs externes sont à la source des soucis, la gestion de la trésorerie d’une façon disciplinée est nécessaire. La solution dans certains cas réside dans l’implémentation d’une mesure impopulaire : l’austérité. Dans ce contexte, une communication efficace entre la direction et les parties prenantes est essentielle. Dans la mesure du possible, les employés devront comprendre que cette période d’austérité peut aider à sauvegarder leurs emplois. Si ces approches sont adoptées, l’entreprise sortira gagnante dans un contexte post-inflationniste et évitera à l’entreprise de prendre des emprunts à des prix élevés qui pourraient mettre en péril sa survie», avance Rajeev Basgeet.

Dans cette conjoncture, Shakil Moollan évoque le besoin de s’assurer que les entreprises réalisent les répercussions de l’inflation mais aussi le poids financier d’une augmentation des taux d’intérêt à l’emprunt «et une planification en amont, surtout par rapport à la gestion des risques liés à l’inflation et ses répercussions sur la trésorerie du client, devient une priorité», avance-t-il.

Face à la flambée des prix depuis la pandémie, un des plus grands défis auxquels sont confrontées les entreprises est de préserver leur trésorerie «car leurs coûts de production augmentent alors que leurs ventes connaissent une baisse», rappelle Yudhishi Ragoonanan. La fondatrice d’A.Y Accountancy Services d’évoquer ainsi des méthodes utilisées par la firme pour gérer efficacement le flux de liquidité, comme l’élaboration des prévisions de flux de trésorerie fiables, basées sur les données existantes, les tendances actuelles et les changements à venir en matière de salaires et de taux d’intérêt. «Cela permet aux entreprises de prévoir les éventuels écarts entre les recettes et les dépenses», ajoute-t-elle. La firme s’adonne aussi à un examen régulier des dépenses des entreprises afin de repérer les domaines où des économies peuvent être réalisées.

Parmi les autres axes sur lesquels se penche la firme : l’optimisation des fonds de roulement en analysant les pratiques de gestion des stocks, des comptes clients et des comptes fournisseurs des entreprises afin, selon-t-elle, de réduire les stocks inutiles, de raccourcir le cycle de conversion des liquidités et de négocier des délais de paiement favorables avec les fournisseurs. «Chez A.Y Accountancy Services, nous effectuons aussi une analyse de scénarios pour évaluer l’impact potentiel de l’inflation, des augmentations de salaire et des hausses de taux d’intérêt. Nous élaborons des plans d’urgence pour différents scénarios, ce qui permet aux entreprises de réagir rapidement et de minimiser les effets négatifs sur leur trésorerie. Également, nous établissons un ordre de priorité pour les projets d’investissement en fonction de leur retour sur investissement potentiel et deleur impact sur le cash-flow», fait elle ressortir.

Investir pour rester compétitif

Pour Rajeev Basgeet, la planification du budget de l’entreprise dans un environnement inflationniste peut s’avérer complexe. Selon lui, la solution est d’avoir un budget de trésorerie flexible. «La résilience de l’entreprise dans le contexte actuel réside dans la gestion de la trésorerie pour absorber les chocs imprévus. Les entreprises avec des emprunts légers seront en meilleure posture et auront la capacité de contracter de nouveaux prêts pour surmonter un choc imprévisible. Pour les autres entreprises, la solution la plus simple réside dans des demandes au gouvernement pour que ce dernier puisse leur venir en aide, principalement pour sauvegarder les emplois», préconise-t-il. Le partenaire de PwC d’avancer, par ailleurs, qu’en faisant une analyse de l’impact de la Covid-19, la politique d’appel à l’aide pour pallier un manque de liquidité dans les entreprises a contribué à une poussée inflationniste. Pour aider les entreprises à rester à flot, PwC s’attelle dans une stratégie à générer de la liquidité. Ainsi, pour Rajeev Basgeet, «les options qui peuvent être considérées sont la conservation de la liquidité de l’entreprise (éliminer les demandes non essentielles); revoir les sources de financement disponibles ; faire des demandes auprès des banques pour une relaxation dans les prêts accordés ; mettre en œuvre une réduction des coûts ou encore accélérer le processus de cession des activités non performantes».

Cela dit, les entreprises doivent désormais prendre le train en marche et capitaliser sur les investissements dans des équipements modernes ou encore les nouvelles technologies pour rester compétitives et attrayantes auprès des consommateurs. Pour cela, les firmes comptables jouent encore leur rôle de conseillers financiers. «Avant toute décision qui implique un investissement dans des équipements ou autres, on encourage toujours nos clients à bien revoir leur business model et nous les accompagnons dans la préparation de projections, surtout à analyser les opportunités mais aussi le worse-case scenario. Le fait d’avoir travaillé avec nos partenaires depuis plus d’une décennie nous aide à mieux les conseiller et aussi les diriger vers des solutions qui peuvent faciliter des décisions d’investissement. Que ce soit à travers un prêt à moyen terme, une solution de leasing, ou même un apport en capital, on s’assure que la structure de financement correspond aux besoins du client et reste viable au regard de sa capacité de repaiement», soutient Shakil Moollan.

Rajeev Basgeet avance, pour sa part, qu’afin de capitaliser sur les investissements, l’entreprise doit avoir une cellule spécialisée pour se pencher sur l’apport financier des projets envisagés. «Dans des cas où cela implique de lourds apports financiers, c’est mieux de créer une cellule qui comprend du personnel qualifié qui gère l’investissement. Cette équipe doit avoir pour mission principale de bien gérer toute la partie implémentation, tout en restant “accountable”. Avec cette méthode, la transparence va primer et va permettre à l’entreprise de comprendre certains facteurs pas nécessairement envisageables au début mais de connaître la marche à suivre pour minimiser ses effets».

Investir est essentiel pour une entreprise afin de proposer des services et produits de qualité pour les clients. Toutefois, attention à ne pas se retrouver asphyxié financièrement en raison des intérêts bancaires plus élevés, car pour investir il faut emprunter.

La fondatrice d’A.Y Accountancy Services conçoit que les intérêts bancaires peuvent représenter une charge financière importante et ainsi réduire la trésorerie disponible de l’entreprise. Ainsi, pour éviter de se retrouver dans cette situation, elle donne des conseils pratiques aux entreprises qui sollicitent le cabinet comptable pour optimiser leur gestion financière. «Il faut, de prime abord, analyser les options de financement. Avant de contracter un emprunt, il faut comparer les offres de différentes banques et institutions financières, et choisir celle qui propose les taux d’intérêt les plus compétitifs et les conditions les plus favorables. Lors de la signature du contrat de prêt, il ne faut pas hésiter à négocier les modalités du remboursement, comme la durée, le montant et la fréquence des échéances, le taux d’intérêt fixe ou variable, la possibilité de remboursement anticipé, entre autres. Il faut aussi veiller à avoir une bonne maîtrise des flux de trésorerie entrants et sortants, afin de disposer de suffisamment de liquidité pour payer les intérêts bancaires et respecter les échéances du prêt. Il faut également prévoir des marges de sécurité et des solutions de financement en cas de besoin.» A.Y Accountancy Services conseille également à ses clients d’explorer également d’autres sources de financement possibles, comme le financement participatif, le capital-risque, le marché financier, ou encore les subventions publiques. Pis, soigner sa cote de crédit, qui reflète la solvabilité et la fiabilité financière de l’entreprise. Selon Yudhishi Ragoonanan, une bonne cote de crédit peut permettre d’obtenir des taux d’intérêt plus bas et des conditions de prêt plus avantageuses. Ainsi, elle est d’avis qu’en prenant en considération ces aspects et en ayant une gestion financière saine, une entreprise peut éviter de se faire asphyxier par les intérêts bancaires et ainsi préserver son agilité financière. Elle rappelle toutefois que ces stratégies peuvent varier en fonction du contexte économique et du secteur d’activité. D’où l’importance de se tenir informé des évolutions du marché et des taux d’intérêt.

Les paramètres financiers à considérer dans la préparation du budget

La préparation du budget de l’entreprise consiste en une compréhension et une analyse des paramètres financiers. Pour cela, les entreprises doivent les identifier avant de pouvoir planifier leur budget. Pour Rajeev Basgeet, partenaire de PwC, ces paramètres peuvent différer d’une entreprise à une autre selon la philosophie adoptée. «Si la philosophie budgétaire est plus centrée sur l’agrandissement du revenu avec une contrainte dans la qualité du personnel disponible, ça pousse l’entreprise à revoir sa stratégie humaine. Dans un autre cas, l’entreprise peut aussi atteindre ses objectifs à travers des moyens de financement comme des prêts externes ou une demande du soutien des actionnaires. La solution alors est d’avoir des débats francs, honnêtes et des ambitions mesurées pour ne pas hypothéquer la survie de l’entreprise.»

Shakil Moollan indique, lui, que «le Gross Profit margin reste à la base de tout calcul pour une entreprise et cela nous aide à mieux cerner l’Operating Profit (ou EBITDA). Les paramètres financiers principaux restent le coût total (intérêts + autres charges), la capacité de remboursement du client, et aussi la teneur du prêt. Lorsque notre client se tourne vers une institution financière pour des lignes de crédit, nous nous assurons que la structure de financement reste viable par rapport à ses opérations». Yudhishi Ragoonanan enchaîne que l’élaboration d’un budget efficace pour l’année est un vrai défi à relever. Elle partage que les paramètres financiers peuvent varier selon la taille, le secteur et les objectifs de l’entreprise, mais comprennent généralement les éléments tels que l’estimation des recettes que l’entreprise va générer pendant la période budgétaire et l’estimation des dépenses prévues. Aussi, la nécessité d’évaluer les besoins en investissements de l’entreprise, de définir les politiques de crédit de l’entreprise et les conditions de paiement accordées aux clients, ou encore de fixer des objectifs financiers clairs et mesurables pour l’entreprise, comme la rentabilité, la croissance des revenus, l’optimisation des coûts. La fondatrice d’A.Y Accountancy Services de conclure que «l’essentiel est d’adapter le budget en fonction de la situation spécifique de chaque entreprise, en tenant compte de ses forces, de ses faiblesses, de ses opportunités et des risques».

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