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Gaz ménager et industriel : la demande en augmentation constante

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Gaz ménager et industriel

Gaz – À travers ses différentes formes, le gaz est présent dans le quotidien des mauriciens. Utilisé notamment dans les ménages pour cuisiner, le gaz de pétrole liquéfié a aussi des utilisations industrielles et constitue un élément clé des activités économiques du pays.

Par Thomas Némorin

Gaz – Omniprésent dans le quotidien des Mauriciens, sous ses diverses formes, le gaz est une ressource naturelle non négligeable de l’activité économique sur l’île. Parler de marché du gaz à Maurice serait une erreur ; il serait préférable d’aborder la question au pluriel, de parler des marchés du gaz. Effectivement, cette ressource peut prendre différents costumes et servir à des utilisations multiples. Tantôt du Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL) – du butane ou du propane –, tantôt du gaz issu des décharges  – principalement du méthane et du dioxyde de carbone –, ou encore de l’oxygène liquide pour les hôpitaux et cliniques, pour ne citer que ces exemples, le gaz peut servir à faire de l’électricité, à souder, à propulser un véhicule, à la conservation et au conditionnement des aliments, à chauffer l’eau de la douche ou la maison, à sauver des vies, ou encore, et surtout, pour cuisiner. L’usage peut donc être domestique comme industriel.

 

Avant d’en parler plus longuement, il convient de définir de quoi l’on parle. Les gaz naturels, aussi parfois appelés gaz fossiles, sont un mélange naturel d’hydrocarbures. Il en existe de différents types (méthane, propane, butane, éthane, pentane, azote, etc.) qui peuvent être commercialisés sous forme de gaz ou sous forme liquide – possible grâce au processus de liquéfaction et intéressant car cela permet de réduire le volume occupé par le gaz et donc d’en transporter plus, sur de plus longues distances.

 

Sur l’île, le GPL est le gaz le plus utilisé. Son prix est influencé par divers facteurs. Pour l’économiste Takesh Luckho, étant donné que nous importons la majorité de nos besoins énergétiques, on doit mettre le contexte international en avant quand on parle de ce qui influence le prix, l’offre et la demande ; Maurice est sensible aux influences extérieures. En effet, avec la guerre en Ukraine, suite à l’invasion de la Russie, qui nous affecte depuis le 24 février 2022, les prix du gaz ont été particulièrement impactés à la hausse au vu du rôle prépondérant que jouent ces deux pays dans les exportations de gaz dans le monde, surtout pour la Russie à travers son entreprise d’État Gazprom qui fait de ce pays le premier fournisseur mondial de cette ressource.

 

À ce moment-là, l’évolution du prix d’achat à l’international d’une tonne de GPL pour Maurice est passé de Rs 17 610 en 2019 à Rs 26 700 en 2021 et à Rs 32 840 en 2022. Pour autant, le prix de la bonbonne de gaz destinée à un usage domestique est fixé à Maurice par la State Trading Corporation (STC), et le gouvernement subventionne ce produit. Le poids d’une subvention qui augmente si les prix à l’international vont à la hausse. Une hausse qui n’aura au final pas épargné les Mauriciens qui ont vu le prix des bonbonnes de gaz croître en avril 2022. En effet, la bonbonne de gaz ménager de 5 kg est passée à Rs 100 ; celle de 6 kg de Rs 90 à Rs 120 ; et celle de 12 kg est passée de Rs 180 à Rs 240. Ce qui représente une hausse de 30 %. L’économiste Takesh Luckho ajoute que le prix du fret est un autre élément important dans la variation des prix. En février 2023, Rajiv Servansingh, directeur général de la STC, expliquait qu’une bonbonne de gaz qu’ils vendaient à Rs 240 leur coûtait environ Rs 600.

 

Christophe Desvaux de Marigny, Chief Executive Officer (CEO) des Gaz Industriels Limited (LGI), observe une demande croissante de gaz dans divers secteurs, notamment l’industrie, la santé et l’énergie. «Les tendances actuelles mettent l’accent sur la recherche de solutions plus durables et écologiques, ainsi que sur l’adoption de technologies innovantes pour améliorer l’efficacité des processus.» Ce que complète Ravi Ramjus, Commercial Manager de Vivo Energy Mauritius, quand il dit que la demande aug- mente durant la période hivernale.

 

Le CEO de LGI enchaîne, précisant que la demande de leur produit dépend de la croissance économique, des tendances industrielles, des réglementations gouvernementales, des innovations technologiques et des fluctuations des matières premières. «Par exemple, dans le secteur de la santé, la pandémie de Covid-19 a été un catalyseur majeur dans la distribution des gaz, entraînant une augmentation significative de la demande pendant la période de crise sanitaire. Cependant, alors que la situation se stabilise progressivement, nous observons un retour progressif à la normale de la demande dans de nombreux secteurs.»

 

Gaz – LANDFILL GAS : QUAND LES DÉCHETS DEVIENNENT ÉLECTRICITÉ

Le gaz produit par les décharges, appelé en anglais “landfill gas”, est utilisé pour produire de l’électricité. Il se forme grâce au processus d’anaérobie sur les matières organiques, c’est-à-dire au moment où un environnement est privé en totalité ou en quantité importante d’oxygène, ce qui produit du méthane et du dioxyde de carbone. Étant donné son origine, c’est un gaz produit et utilisé localement.

Il n’y a aucune importation ou exportation de ce produit. Sotravic Ltd, un producteur indépendant d’énergie (IPP), en charge de la décharge de Mare Chicose, qui gère environ 1 200 tonnes de déchets par jour, peut fournir 3 MW d’électricité grâce aux gaz générés par les déchets. En 2022, ce processus a permis de produire 1 480 tonnes équivalent pétrole, contre 1 638 en 2021. Une production qui ne représente que 0,6 % de l’électricité totale produite localement mais qui a le mérite de donner une nouvelle vie aux déchets.

 

 

LE GAZ, UNE ALTERNATIVE PROPRE ?

 

Quand les questions énergétiques sont sur la table, celle du coût environnemental se trouve toujours dans son sillage. Le GPL, qui est principalement utilisé à Maurice par les ménages pour cuisiner
ou chauffer l’eau, ou par les industriels pour d’autres missions, peut être une alternative plus propre dans le domaine automobile. En effet, le GPL-c, ou GPL carburant, est une ressource qui coûte moins cher que l’essence ou le diesel et s’avère aussi être moins polluant. De plus, de par sa nature, ce gaz permet une longévité plus importante des moteurs et donc un gain financier. Pour autant, par le faible nombre, voire la quasi-absence de stations-service qui proposent ce service, et aussi la réticence des automobilistes
à l’utiliser comme carburant, cette alternative est au point mort à Maurice.

 

Pour Christophe Desvaux de Marigny, «en ce qui concerne les préoccupations environnementales, nous devons constamment nous adapter aux normes et aux attentes croissantes en matière de durabilité, ce qui peut nécessiter des investissements importants dans de nouvelles technologies et pratiques commerciales respectueuses de l’environnement». Tandis que
Ravi Ramjus ajoute que «le gaz reste une énergie propre. L’essor des énergies renouvelables ainsi que des réglementations plus strictes sur les émissions de gaz à effet de serre pourraient impacter le marché du gaz dans le futur. Vivo Energy Mauritius s’efforce d’exercer ses activités de manière responsable en soutenant le développement durable du pays».

 

GPL, LE ROI DES GAZ

Gaz Pétrole Liquifiée évolution

Évolution du GPL – Statistics Mauritius

Le GPL est un gaz entièrement importé. En 2022, précise Statistics Mauritius, Maurice a importé 91 795 tonnes de ce gaz, dont 91 779 tonnes en provenance des États-Unis, soit 99,98 % du total. De plus, sur la même année, 15,8 % de la consommation d’énergie totale du pays est du fait des ménages, dont 6,6 % provient de son utilisation des GPL. Cela équivaut à 58 768 tonnes. Toujours en 2022, le GPL est l’élément principal utilisé par les ménages pour cuisiner, étant utilisé par 99,3 % des utilisateurs, suivis de l’électricité avec 0,5 % de ceux-ci. C’est aussi l’élément le plus utilisé pour chauffer l’eau : 50,6 % des ménages de la République de Maurice s’en servent dans ce but, suivis du solaire (32,9 %) et de l’électricité (4,8 %). Le graphique ci-après montre l’évolution des importations de GPL à Maurice entre 2013 et 2022.

 

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