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Nilesh Dabysing, CEO Hyvec Property Investment Ltd : «Il est impératif de mettre l’accent sur la formation de main-d’œuvre locale»

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Le secteur de la construction fait face à une grosse pénurie de personnel. Et malgré cela, il ne cesse de grandir. Entre les défis et les mesures de diversification du groupe Hyvec Partners, le CEO d’Hyvec Property Investment Ltd fait un état des lieux.

Fondé en 1993, Hyvec Partners Ltd est une filiale du groupe Hyvec. Il est aujourd’hui l’un des acteurs majeurs du secteur de la construction à Maurice. Quel regard jetez-vous sur cette industrie ?

L’Industrie de la construction passe par une période difficile avec l’augmentation des prix des matériaux de construction et des équipements sur le marché mondial, et celui du fret pour. Il y a aussi la dévaluation de la roupie, principalement contre le dollar américain et l’euro. Ceux qui feront preuve de résilience, survivront et d’autres seront appelés à malheureusement disparaître.

Stoppé dans son élan en raison de la crise sanitaire, le secteur a, depuis, repris des couleurs. Pensez-vous que la croissance sera au rendez-vous cette année ?

Après une décroissance dans presque tous les secteurs de l’économie en 2020 et en 2021, on ne peut qu’espérer une amélioration en 2022. Cependant, la guerre en Ukraine  est venue jouer aux trouble-fête entraînant un bond dans le prix du fret et des matières premières comme mentionné plus haut.

Je dirai que ce serait compliqué, à mon avis, d’affirmer que ça marche à nouveau comme avant la crise sanitaire. Et dans ce contexte, nous accueillons favorablement le projet de construction de 12 000 logements lancé par l’État.

Quels sont les principaux défis que devront relever les opérateurs du secteur de la construction dans les années à venir ?

Ils sont nombreux. Il y a les difficultés pour obtenir les permis de travail pour les ouvriers étrangers et l’adaptation des ouvriers mauriciens à s’adapter aux nouvelles technologies. Il y a aussi les coûts exorbitants du pétrole, du fret et des matières premières, l’instabilité du marché forex, les possibilités d’investissement local et étranger dans des projets immobiliers et la compétition entre les compagnies de construction étrangères, notamment les projets ‘G to G’.

Quelles sont les nouvelles compétences dont l’industrie devra se doter pour continuer à innover à long terme ?

L’accent devra être mis sur la recherche et l’innovation dans les techniques de construction. C’est un domaine qui évolue très rapidement et beaucoup de compagnies se retrouvent avec des systèmes déjà obsolètes malgré les investissements massifs. Il faut toujours être à la pointe de la technologie.

Il est impératif de mettre aussi l’accent sur la formation de main-d’œuvre locale en partenariat avec l’État. Faute de quoi, les machines et les équipements devront être envisagés pour pallier à un manque de main-d’œuvre locale qualifiée.

Le groupe Hyvec est aujourd’hui engagé dans cinq secteurs d’activités. Dans quelle mesure cette diversification vous a-t-elle permis de mieux résister aux récentes crises de ces dernières années ?

La diversification des activités du groupe Hyvec amorcée en 2011 avait pour but de le rendre plus résilient économiquement. Pendant les dernières crises, elle nous a permis de résister aux intempéries. Par exemple, quand l’industrie de l’aviation et celle du tourisme ont été frappées de plein fouet par la Covid, les employés affectés, par cette crise, ont été redéployés dans d’autres entreprises du groupe au lieu d’être licenciés.  Similairement, quand le secteur de la construction a ralenti, le groupe a pu compter sur le lancement de ses propres projets immobiliers pour subsister.

Vous possédez déjà des filiales en Afrique du sud dans le domaine de la distribution. Envisagez-vous également d’y être actif dans le secteur de la construction ? Pourquoi ?

Ce ne sont pas dans les projets immédiats du groupe. Nous sommes présents sur le continent africain à travers un système de franchises déjà bien organisé. Investir dans le domaine de la construction en Afrique du Sud nécessiterait un très grand investissement dans un pays où la compétition est déjà féroce.

Par contre, nous avons récemment ouvert une branche à Dubaï pour les marques Kohler et Mediclinique pour desservir non seulement ce pays mais aussi ceux de l’Afrique de l’Ouest. Si l’occasion se présente, à Dubaï, pour des  projets de construction d’une certaine envergure que nous pourrions entreprendre dans les années à venir, pourquoi pas.

Quels sont les projets majeurs sur lesquels travaille votre entreprise cette année ?

Hyvec Partners Ltd complète la construction d’appartements pour le projet de Mango Village à Beau Plan du groupe Terra. Nous poursuivons aussi la construction d’un projet PDS à Les Salines et quelques autres projets d’envergure.

Votre entreprise est également engagée dans la gestion de biens immobiliers grâce à ses activités de syndic. Comment parvenez-vous à vous différencier de vos principaux concurrents dans un secteur où la concurrence fait rage ?

Le métier de gestionnaire d’immeubles et celui de propriétés se complexifient depuis quelque temps. Et comme la plupart des métiers de l’immobilier. Nous sommes soumis à des modifications réglementaires et législatives incessantes et subissons une pression causée par un environnement très concurrentiel dans lequel nous évoluons et une tendance à la baisse des honoraires.

Nous devons faire sans cesse preuve d’imagination pour nous adapter à ces changements, maîtriser les risques et continuer à maintenir un niveau de qualité irréprochable afin d’assurer la rentabilité de notre investissement tout en garantissant la satisfaction de nos clients.

Quels sont vos projets pour 2023 ? 

Nous avons plusieurs projets en l’occurrence à Port- Louis, plus précisément à la rue Edith Cavell en face de la nouvelle Cour suprême.  Nous entamerons la construction d’un immeuble de 14 niveaux de 10,500 m2  et un immense showroom sur l’autoroute de Pailles, entre autres.

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