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Interview Rencontre

Entretien avec Aruna Radhakeesoon ( Présidente du NCCG )

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Aruna Radhakeesoon, Présidente NCCG

Le National Committee on Corporate Governance a enclenché le processus pour une révision du Code National de Gouvernance d’entreprises de 2016. Un exercice nécessaire étant donné l’importance d’être à jour des nouvelles pratiques internationales en termes de gouvernance d’entreprise. Le point avec Aruna Radhakeesoon, Présidente du comité.

 

Aruna Radhakeesoon, Présidente NCCG 2

Aruna Radhakeesoon, Présidente NCCG

 

 

Le National Committee on Corporate Governance vient de lancer un appel à propositions pour une révision du Code national de gouvernance d’entreprise. Quel est l’objectif principal de cette démarche ?

 

Le National Code of Corporate Governance for Mauritius (Code de 2016) a été officiellement lancé en février 2017. Le Code de 2016, avec sa méthodologie Apply & Explain, comprend huit principes génériques et incontestables. Le Code de 2016 s’applique à toutes les Public interest entities (PIE) et aux organismes du secteur public mention- nés dans le First Schedule du Financial Reporting Act. Nous encourageons les autres entreprises à suivre le Code de 2016 dans la mesure où les principes sont applicables.

 

Le Code de 2016 est le deuxième code de gouvernance d’entreprise de la juridiction de Maurice, le premier étant The Report on Corporate Governance for Mauritius 2003 qui est resté en vigueur jusqu’en 2017. Le Code de 2016 est en vigueur depuis maintenant cinq ans. Compte tenu de l’évolution du paysage de la gouvernance d’entreprise à l’échelle internationale et locale, il est désormais temps de revoir le Code de 2016.

La Section 65 du Financial Reporting Act 2004 prévoit comme l’une des fonctions du National Committee on Corporate Governance (NCCG) de «publier le Code de gouvernance d’entreprise et les lignes directrices, et d’établir un mécanisme pour la réévaluation périodique du Code et des lignes directrices». Conformément à cette disposition, le NCCG a lancé un appel d’offres ouvert aux soumissionnaires locaux admissibles (individus et organisations) ayant une expertise et une expérience avérées en matière de questions ESG pour la révision du Code de 2016. La date de clôture de l’appel d’offres est le 31 mai 2024.

 

 

Le monde des affaires évolue constamment, donnant lieu à de nouvelles pratiques qui sont adoptées notamment en termes de durabilité, de diversité, d’équité et d’inclusion. Est-ce que l’intégration des principes ESG doit être considérée comme une condition indispensable pour la réputation du centre financier international de Maurice ?

 

Étant donné l’importance stratégique des dimensions ESG dans les affaires et la finance, ainsi que la position unique du centre financier international de Maurice en Afrique, le NCCG s’est engagé à réviser le Code de 2016. Ce projet comprend la révision du Code de 2016 afin de l’aligner sur les priorités nationales, les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies et les principes révisés de gouvernance d’entreprise du G20/OECD.

 

Le nouveau Code posera les bases pour positionner Maurice en tant que centre d’investissement durable pour canaliser les fonds vers des projets verts en Afrique. Il nous apportera de nouvelles opportunités. Le nouveau Code visera également à relever les divers défis socio-économiques de Maurice avec le principe de «ne laisser personne derrière», tout en tenant compte des pressions sur les ressources aux- quelles la société est confrontée et de la nécessité de préserver la planète pour les générations futures.

 

 

Diriez-vous qu’il y a une vraie prise de conscience de la place prioritaire de la bonne gouvernance au sein des organisations à Maurice ?

 

En 2003, Maurice a franchi une étape importante en adoptant son premier Code de gouvernance d’entreprise. Cette initiative répondait à une recommandation de la Banque mondiale, qui encourageait le pays à se doter de son propre code. Au cours des 13 années suivantes, les entreprises mauriciennes se sont familiarisées avec la déclaration de leurs pratiques de gouvernance d’entreprise dans leurs rapports et avec la mise en place d’un cadre régissant la gouvernance d’entreprise. C’est devenu presque un exercice de conformité routinier pour les entreprises.

 

C’est en 2017 que nous avons lancé le deuxième Code, fondé cette fois-ci sur des principes directeurs. Nous avons délaissé l’approche «exercice de conformité» pour placer la prise de décision en matière de gouvernance d’entreprise directement au niveau des conseils d’administration. Les administrateurs devaient examiner comment les huit principes seraient pertinents pour leur entreprise, puis détailler dans leur rapport annuel et sur leur site web leur démarche et leur application. Cet exercice a donné lieu à une plus grande transparence et responsabilité de la part des entreprises. En octobre 2021, le Corporate Governance Scorecard a été introduit, apportant ainsi une meilleure compréhension aux entreprises concernant l’ampleur des divulgations nécessaires sur les pratiques de gouvernance d’entreprise pour se conformer au Code de 2016 et aux normes optimales de gouvernance.

 

«LE SCORECARD EST DEVENU UN OUTIL ESSENTIEL POUR ÉVALUER LES PRATIQUES DE GOUVERNANCE D’ENTREPRISE» – Aruna Radhakeesoon

 

Quel constat faites-vous de l’impact de l’exercice d’évaluation du Corporate Governance Scorecard sur la communauté des affaires à Maurice ?

 

Le Scorecard est devenu un outil essentiel pour évaluer les pratiques de gouvernance d’entreprise à Maurice. Aujourd’hui, les entreprises ont acquis une maturité dans leurs pratiques de gouvernance d’entreprise, comme en témoignent les rapports d’évaluation du Scorecard publiés chaque année. Inspirés des principes de l’OCDE, de l’Index de l’UK Institute of Directors et du Corporate Governance Scorecard de la Bourse de Bombay, les 66 indicateurs du Scorecard offrent une vision complète des pratiques de gouvernance. Les informations contenues dans ces rapports annuels d’évaluation du Scorecard Assessment Report ne sont pas seulement importantes pour l’élaboration de politiques et de réglementations au sein des entreprises mauriciennes, mais elles sont également examinées par des organisations internationales et des investisseurs, soulignant ainsi l’importance et la portée de cet exercice au-delà de nos frontières.

 

Les évaluations annuelles effectuées par le NCCG sont cruciales, soulignant l’importance de l’engagement mauricien en matière de gouvernance d’entreprise. Par exemple, le Corporate Governance Scorecard Assessment Report 2022 a renforcé la confiance de la communauté des affaires dans son par- cours de gouvernance d’entreprise en montrant des progrès significatifs. Les scores moyens ont augmenté. En 2022, le score moyen global était de 67,5 %, contre 54 % en 2021. Ces résultats indiquent une amélioration dans la qualité et le niveau des divulgations des informations, soutenue par des explications fondées sur des informations et preuves tangibles. Bien qu’il reste des domaines nécessitant des améliorations, cette évolution témoigne de l’engagement des organisations à accroître la transparence et l’efficacité de leur gouvernance.

 

 

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