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Entretien de Marion Rivet, Branch Manager de Baker Lab

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Marion Rivet : «NOTRE VISION EST DE CRÉER UNE COMMUNAUTÉ AUTOUR DE L’IA À MAURICE, RASSEMBLANT DÉVELOPPEURS, UNIVERSITAIRES ET ENTREPRISES»

Marion Rivet, Baker Lab

Baker Lab, filiale de Baker Park, cabinet de conseil spécialisé dans l’expérience client en France, se présente comme un laboratoire d’innovation au sein de l’écosystème de la tech à Maurice, avec comme objectif principal de permettre aux entreprises d’être mieux armées face à l’expansion et la démocratisation de l’utilisation de nouvelles technologies. Franco-mauricienne, Mario Rivet, Branch Manager de Baker Park, évoque le potentiel de croissance indéniable de ce marché à Maurice, de cette culture de l’innovation qui s’installe ainsi qu’une recrudescence de formations et de programmes disponibles qui suscitent l’intérêt.

 

Parlez-nous de l’idée derrière la création de Baker Lab et de ce qui vous a motivé à vous implanter à l’île Maurice. 

L’idée de venir à l’île Maurice est avant tout née d’un projet personnel et professionnel. Chez Baker Park, le cabinet de conseil français spécialisé dans l’expérience client, nous avons constaté que les opportunités dans les domaines technologiques tels que le développement web, l’ingénierie logicielle et l’intelligence artificielle étaient difficiles à développer en France en raison de la saturation du marché. Après avoir effectué une étude de marché et examiné les talents, les capacités et les formations disponibles à Maurice, nous avons trouvé qu’il y avait une vraie tendance politique à orienter l’île vers les nouvelles technologies, en la positionnant comme un hub technologique.

Il ne manque pas de formations sur ces sujets à Maurice, avec en plus de cela des partenariats entre des écoles internationales et des universités locales Baker Lab a une approche axée sur l’esprit start-up, le recrutement et le développement des compétences. Nous encourageons nos collaborateurs à prendre des risques et à relever de nouveaux défis. Nous valorisons une culture qui encourage l’initiative, offre un terrain d’expression pour tester de nouveaux projets et basée sur la confiance accordée aux talents.

 

Marion Rivet: «LE PAYS DISPOSE DE L’INFRASTRUCTURE DE POINTE DISPONIBLE EN EUROPE, AVEC UN DÉVELOPPEMENT CROISSANT DE FORMATIONS ET UNE AUGMENTATION DU VIVIER DE TALENTS LOCAUX»

 

Trouvez-vous qu’il y a un vivier de talents qualifiés et en adéquation avec la culture et les valeurs de l’entreprise pour permettre son expansion et son développement sur le marché local ?

Comme je l’ai dit, il y a un développement important de formations sur les nouvelles technologies à Maurice. Baker Lab travaille en collaboration avec deux entités pour le moment, soit l’Académie du Design et de l’Innovation et l’UTM, qui proposent notamment des masters en intelligence artificielle ou encore en Machine Learning. Le Wagon Maurice offre également diverses formations. Il y ainsi des talents variés et intéressants, tant des étudiants que des professionnels cherchant à enrichir leur parcours avec une expertise en IA.

Ce que Baker Lab recherche, ce sont des individus curieux et au fait des dernières tendances du marché, qui ont soif de tester de nouveaux produits et n’ont pas peur de se louper et de recommencer. C’est ce qu’on retrouve avec les talents que nous avons recrutés.

 

Baker Lab propose l’utilisation de nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle, le métavers, ou encore la réalité augmentée. Quelles sont les solutions que vous proposez aux clients pour l’intégration de ces nouvelles technologies dans leurs opérations ?

Dans un marché en développement où les grands cabinets de conseil client proposent des plans de transformation ambitieux qui peuvent prendre deux ans à être complétés, nous adoptons une approche plus pragmatique. Plutôt que de proposer des solutions complexes et longues, notre objectif est de rendre l’IA plus accessible et concrète pour nos clients. Nous proposons des solutions pratiques en automatisant et en intégrant l’IA dans leurs processus opérationnels, notamment dans les domaines de la direction marketing, de l’expérience client et des ventes.

Baker Lab, comme son nom l’indique, est un laboratoire d’innovation où l’expérimentation et le test sont encouragés. Quatre principes définissent notre ADN : intégrer l’IA dans une expérience globale, éviter le caractère opportuniste de la technologie, produire des prototypes rapides et accessibles, et fournir des solutions techniques pertinentes.

Nous nous efforçons de ne pas suivre les tendances technologiques pour le simple effet de mode, mais de répondre aux besoins réels des entreprises. Notre laboratoire se concentre à la fois sur la fabrication de prototypes pour les clients et sur la recherche et le développement. Le laboratoire, c’est donc 50 % de notre mission sur la fabrication de prototypes pour les clients et 50 % de l’exploration, soit toujours être au courant des nouveaux produits et les tester.

Je suis convaincue que l’IA peut être un outil d’assistance à la productivité, similaire à Google par exemple, et non pas un danger potentiel pour remplacer des emplois. Il est important de former et de convaincre les individus de l’utilité de l’IA, en commençant par proposer de petits prototypes et en évoluant progressivement vers une utilisation à grande échelle.

 

Quel est le processus que vous avez mis en place pour faciliter l’intégration des nouvelles tech- nologies au sein des entreprises ?

Nous aidons les entreprises à naviguer dans le paysage complexe de l’IA en leur offrant des prototypes accessibles et en les accompagnant sur le long terme. Notre processus se divise en trois phases distinctes. Tout d’abord, la phase d’audit consiste à examiner les processus du client, les outils utilisés, le temps nécessaire pour les réaliser, ainsi que la confidentialité des données et toute la complexité technique associée. Ensuite, nous passons à la production du prototype, où nous met- tons en œuvre nos solutions. Cette phase intervient environ un mois et demi après l’audit initial. Une fois le prototype implémenté dans l’organisation du client, nous lui permettons de le tester pendant trois mois. À la fin de cette période, nous évaluons s’il souhaite poursuivre avec l’évolution du prototype ou opter pour une deuxième version, tout en assurant la gestion et la production associées.

 

Mario Rivet : «EN TANT QUE LABORATOIRE D’INNOVATION, NOUS ADOPTONS UNE STRUCTURE PLUS AGILE QU’UNE ENTREPRISE TRADITIONNELLE, AVEC POUR OBJECTIF DE TESTER ET DE RESTER À LA POINTE DE L’INNOVATION»

 

Quel constat faites-vous de l’évolution du marché de la Tech à Maurice ?

Il est indéniable qu’au cours des cinq dernières années, Maurice a connu une véritable révolution technologique. En plus, le pays se positionne comme un carrefour entre l’Afrique et l’Asie, deux continents qui regorgent de talents mais qui ne trouvent pas forcément les structures adéquates pour s’épanouir. De plus, Maurice offre à la fois une stabilité économique et politique propice à la création de telles structures, ce qui attire de nombreuses entreprises, comme celles dans la fintech qui choisissent de s’implanter à Maurice en raison de son marché dynamique et de son environnement plus favorable par rapport à d’autres régions de la zone.

Le pays dispose de l’infrastructure de pointe disponible en Europe, avec un développement croissant de formations et une augmentation du vivier de talents locaux. Il y a une évolution significative de ce marché et cette concurrence est vue comme stimulante pour l’heure, car elle nous pousse à rester à la pointe de l’innovation.

 

Maurice souhaite affirmer sa présence comme un Technology and Innovation Hub dans la région. Les fintech commencent à se répandre sur le marché local, apportant chacune son expertise et son savoir-faire. Comment voyez- vous cette compétitivité sur le marché local ?

En tant que laboratoire d’innovation, nous adoptons une structure plus agile qu’une entreprise traditionnelle, avec pour objectif de tester et de rester à la pointe de l’innovation. Nos tests pratiques nous permettent de rester connectés à la réalité et d’évaluer l’efficacité des différents modèles en intelligence artificielle.

Nous nous appuyons largement sur nos talents, favorisant un partage des connaissances et une confiance mutuelle. Notre approche repose sur le plaisir de travailler ensemble, où chacun peut contribuer depuis n’importe où. Cette recette fonctionne bien pour nous.

Chaque société dans la Tech est différente, avec ses propres spécialités, ce qui favorise une démarche d’échanges et une synergie où nous apprenons les uns des autres. L’environnement dynamique de la Tech nous pousse à nous dépasser, ce qui est très gratifiant.

 

Quelles sont les perspectives de croissance de Baker Lab pour les années à venir, tant en termes de clientèle que de développement de nouveaux produits ou services ?

Baker Park est plus axé sur la collaboration avec de grandes entreprises européennes alors que la filiale souhaite un développement accru avec de petites entre- prises qui recherchent ces types de projets mais ne souhaitent pas prendre trop de risques à s’y investir. Baker Lab se concentre sur la création de prototypes rapides et abordables, adaptés aux besoins des petites structures qui peuvent adopter ces solutions à moindre coût.

Quatre Mauriciens ont rejoint Baker Park depuis sa création, l’année dernière, et l’objectif est d’élargir la communauté de Baker Lab et d’attirer davantage de personnes intéressées par nos domaines d’expertise. En parallèle, nous continuons à développer des projets en IA ainsi que des projets plus classiques tels que le web de-sign et le développement web.

 

Des projets à venir ?

Nous voulons nous intégrer pleinement dans l’écosystème local. Nous sommes d’ailleurs membres de la French Tech Mauritius et nous comptons approfondir nos partenariats avec des universités locales.

Pour renforcer notre engagement, nous comptons organiser prochainement des sessions de formation sur l’IA pour les entreprises. Nous croyons en une approche pratique de l’apprentissage, car comprendre les enjeux pratiques est essentiel. C’est aussi une relation gagnant-gagnant où nous apportons notre expertise en échange de talents potentiels.

La vision globale est de créer une communauté autour de l’IA à Maurice, rassemblant développeurs, universitaires et entreprises. Nous souhaitons organiser des rencontres régulières, des échanges entre passionnés, et rester à jour sur les avancées technologiques et, pourquoi pas, pouvoir animer des conférences à la fois pour les entreprises et le grand public.

 

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